Le temps raccourcit

Le temps raccourcit
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Le temps est plus court aujourd’hui qu’il y a 10 ans. Je me souviens d’une situation vécue aux Nouvelles Hébrides, en plein Pacifique Sud, il y a bien longtemps. Elle m’avait paru étonnante à l’époque, paraîtrait extraordinaire ou impensable maintenant : un des employés avait brusquement disparu de son poste, sans aucun signe avant-coureur, pour revenir plusieurs mois plus tard le reprendre un beau matin, sans que cela lui pose la moindre question, comme si il était parti la veille au soir. Il était tout simplement parti voir de la famille dans une autre île. Cet homme avait une vision large du temps et le vivait bien.

Depuis cette époque « bénie », le temps parait avoir raccourci : l’unité de référence du temps est devenue, non plus l’année, ou même la semaine, mais la journée, presque la minute : chaque acte est pisté par la géolocalisation, les reporting, la norme, la pression des résultats opérationnels, les mails, tweets, et autres messages incessants, chaque minute doit être rentable, et cette course à la rentabilité est inévitablement source de stress.

Le temps n’a pas seulement raccourci, il s’est aussi accéléré dans les sanctions, les évolutions de carrière, les changements d’organisation. Tout va plus vite, même les ascenseurs ! Pour le collaborateur, les anciennes sources de stabilité sont devenues fugaces, plus difficiles à cerner. Ces changements de la dimension du temps sont-ils inéluctables ? Le temps long peut-il être une réponse ?

J’emprunte cette expression puissante au DRH du Groupe France TELECOM-ORANGE, Bruno METTLING. Il s’en servait récemment pour expliquer comment France TELECOM était en train de retrouver un chemin vers plus de sérénité sociale. Il racontait qu’à l’époque de la marche accélérée vers l’efficacité, les relais locaux RH avaient été supprimés (car perçus comme inutiles ?) pour être remis en place aujourd’hui, avec un vrai rôle. Ces relais locaux, piliers du nouveau contrat social, étaient des portes ouvrant sur le temps long.

D’autres entreprises ont d’autres portes, par exemple quand elles proposent à chaque salarié, une après-midi par mois, d’aller voir une expo, d’avoir une activité d’ouverture. Une autre porte encore plus simple consiste à créer des occasions de rencontre simplement festives entre collaborateurs, sans but d’efficacité, sans activité programmée.

Le temps long est une belle idée, généreuse et en même temps source d’équilibre, d’ouverture, de sérénité. Puisse ce blog être une source d’idées pour implanter plus de temps long dans les entreprises.

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A propos de l'auteur

Thierry Bourgeon http://www.symbiosis-consultants.net/
Thierry BOURGEON s’est retrouvé presque par hasard à travailler en entreprise. Son rêve était d’être photographe : observer, créer, faire plaisir aussi. Ce sont ces moteurs qui le font agir aujourd’hui dans son métier de consultant. Après HEC, loin d’être dans les starting-blocks pour suivre une voie royale dans une grande entreprise, il s’immerge dans l’étude du chinois, puis part deux ans dans le Pacifique « faire son service ». Il en garde un goût pour la découverte d’autres cultures. En 1977, Il trouve sa voie professionnelle dans un cabinet de consultants qui pratique la créativité à haute dose alliée à la rigueur et à l’exigence. Depuis cette découverte, il invente de nouvelles manières de former, de faire un diagnostic, de donner envie à une équipe et une entreprise de se transformer, de construire. Il crée SYMBIOSIS-Consultants en 1986, avec la volonté de conjuguer créativité, plaisir au travail, rigueur. Progressivement, aidé de l’arrivée de deux associés, il développe une vision : aider les collaborateurs à « être bien dans leurs baskets », à l’aise dans la pratique de leur métier, dans leur équipe, leur entreprise. On n’est pas loin de la qualité de vie au travail ! Ce qui le fait courir, c’est sa foi en l’homme, sa foi en Dieu.

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