Le slow business, redonner du temps au temps

Le slow business, redonner du temps au temps
Share on Google+2Share on LinkedIn118Tweet about this on Twitter0Share on Facebook0

Tandis que de nombreux cadres pointent du doigt un malaise dans l’entreprise et une surcharge de travail importante qui impacte sévèrement leur vie privée, de nombreux chefs d’entreprise s’interrogent parallèlement sur les rapports entre rythme de travail et qualité du travail en tentant de trouver une réponse satisfaisante à la fois pour le collaborateur et pour l‘entreprise. Tout comme le fast food est mauvais pour la santé, le fast business serait aussi nocif pour le bien-être au bureau. Il est donc nécessaire de retrouver un rythme de travail plus serein, ce qu’on appelle le slow business*, une manière de travailler personnalisée qui laisse au collaborateur une marge de manœuvre dans la gestion de son rythme de travail, c’est-à-dire qui lui permette de s’aménager des moments de pause et de décélération entre des moments de travail plus intenses. Mais comment mettre cette nouvelle technique de management en place dans une entreprise ? Peut-elle convenir à toutes les entreprises, tous les salariés? et en quoi pourrait-elle bien révolutionner le monde du travail ?

 

Faire le grand saut slow business ?


A priori on se dit que cette nouvelle technique de management risque d’être difficile à mettre en place dans une entreprise qui a ses habitudes de travail, ses échéances très serrées et des horaires de travail soigneusement règlementées. Mais il suffit de creuser un tout petit peu pour se rendre compte que le slow business n’impose pas forcément des changements radicaux mais seulement l’instauration d’une souplesse plus importante et la mise en place d’un pacte de confiance avec ses collaborateurs.
Accorder de la souplesse au niveau des horaires de travail, au niveau du temps passé dans l’entreprise est une mesure importante car elle permet de détourner l’attention des collaborateurs de ce qui n’est qu’une manière personnelle et particulière de concevoir le travail vers quelque chose d’un peu plus universel et consensuel : le résultat. Chaque personne a un rythme qui lui est propre et dans lequel elle se sent bien et s’épanouit tout en devenant plus efficace et plus productive. Obliger quelqu’un à travailler plus vite ne fait bien souvent que générer du stress et à l’inverse, obliger quelqu’un à travailler plus lentement pour occuper son temps de travail ne fait que le démotiver.
Il est donc préférable de fixer des objectifs clairs et de laisser chacun choisir le chemin et le rythme pour y parvenir, faire des pauses et des détours s’il en a besoin, l’essentiel est que tout le monde soit à l’arrivée à une heure préalablement définie.
La dictature du temps de travail n’est pas une solution respectueuse des particularités et des besoins de chacun, elle ne peut qu’aboutir à des frustrations, à des oppositions et à des injustices, et à terme pénaliser la qualité du travail. Le slow business permet de changer de perspective et de miser sur l’engagement personnel et humain de chacun, mais elle rend aussi les collaborateurs plus responsables car plus autonomes face à l’objectif à atteindre. Plutôt qu’un saut dans une nouvelle dimension, il s’agit plutôt d’un pas en avant vers l’autre, vers l’autrement qui à terme (et pour peu qu’on ait la patience d’attendre) peut s’avérer très productif et très payant.

Le slow business peut-il s’adapter à tous, à toutes les entreprises ?


Le slow business peut parfaitement s’adapter à tous les salariés et à toutes les entreprises à condition qu’on développe une certaine culture du résultat et de l’effort mais aussi le sens du repos et du recul pour avoir la faculté de voir le chemin qui reste à parcourir. Cela peut être difficile auprès de certains collaborateurs et dans certaines entreprises où l’on a tendance à infantiliser les salariés en les contrôlant et en surveillant leurs horaires de travail mais ce n’est pas une opération impossible. Des opérations de sensibilisation au bien-être, des ateliers et des exercices peuvent suffir à faire comprendre tout le bien-être que l’on peut retirer de ces petits moments privilégiés que l’on s’accorde pour souffler mais également pour faire comprendre aux plus zélés que le temps passé au bureau n’est pas un gage de qualité du travail et que l’attention humaine n’est pas sans limites, que travailler trop vite et trop longtemps est improductif, voire pathogène (burn-out).
La grande idée du slow business c’est en quelque sorte un assainissement de ses temps de travail par une prise de recul encouragée dès que le besoin s’en fait sentir plutôt que l’utilisation malsaine d’un temps de travail qui devient de plus en plus toxique car contaminé par une concentration de mauvaise qualité. Plutôt (par exemple) que de se retrouver en réunion après une matinée ou une journée bien remplie et avoir des échanges improductifs car la concentration n’est plus là,  Il est préférable de passer plus de temps en pause pour revenir plus clairvoyant et plus efficace à son poste de travail et ainsi produire un travail de qualité.
Chaque entreprise et chaque collaborateur a son rythme de travail propre, il s’agit donc de travailler pour que le temps collectif de l’entreprise soit organisé différemment avec des échéances moins stressantes, des plans d’action moins directifs et que chaque individu puisse adapter son rythme aux impératifs économiques de l’entreprise : cela peut passer par des horaires de bureau plus souples mais également par la mise en place de mesures destinées à favoriser l’autonomie de l’individu dans son travail comme la possibilité de travailler depuis son domicile ou même celle d’avoir la possibilité de faire la sieste à son bureau.

Le slowbusiness, une révolution en marche ?


Cette nouvelle technique de management, pour le moment naissante en France, éveille l’intérêt croissant de nombreux chefs d’entreprises, eux-mêmes fatigués d’avoir à lutter pour imposer ces échéances répétées et ce rythme soutenu à des managers souvent impuissants devant l’improductivité flagrante de certains collaborateurs à bout de ressources. C’est donc une technique qui permet à tous de ralentir et de prendre du recul pour mieux gérer ce temps et sa course folle en modulant différemment les tempos. L’idée est de bannir le temps mort, c’est-à-dire le temps passé dans l’entreprise alors que l’esprit n’y est plus et d’encourager au contraire un temps de travail utile et productif et de vrais moments de récupération.
On mise sur un salarié plus reposé, plus serein dans sa gestion de l’équilibre vie professionnelle-vie privée et donc plus efficace et moins stressé dans son travail.
Cette philosophie du ralentissement pourrait sonner le glas d’une technique managériale fondée sur un rapport frénétique au temps de travail dont on voit aujourd’hui les limites et les effets désastreux sur la santé des travailleurs : les statistiques du burn-out explosent, la consommation d’anti-dépresseurs en croissance exponentielle, etc…
C’est une technique managériale qui a déjà fait ses preuves dans le monde anglo-saxon et qui ne demande qu’à être mise en place dans les entreprises françaises pour une qualité de vie améliorée et un travail plus productif alors même si les mentalités peinent à évoluer en France, c’est une technique qui doit être promue par les dirigeants car elle encourage le bien-être de tous et véhicule une image plus positive du travail.

 

* Concept développé par Pierre Moniz-Barreto dans son livre éponyme publié aux éditions Eyrolles.

 

Crédit photo : Pixabay / Benscherjon

 

Share on Google+2Share on LinkedIn118Tweet about this on Twitter0Share on Facebook0

A propos de l'auteur

JaimeLeLundi http://www.jaimelelundi.com
JaimeLeLundi est le magazine 100% dédié à la Qualité de Vie au Travail et au Mieux-Vivre en Entreprise. N'hésitez pas à nous contacter pour partager vos points de vue !

Pas de commentaire

Laisser votre commentaire





Retour au haut de page